Je souhaite parler de Jean-Marc Parisis parce que c’est l’écrivain contemporain français vivant que j’ai le plus lu, et parce qu’il est l’un des meilleurs écrivains de sa génération. J’admire la grâce de son écriture fine et délicate, posée sur vingt siècles de raffinement et de subtilité, j’aime la tonalité de son verbe sans emphase, sa rhétorique habile. Je ne me lasse pas de cette quête du mot juste, parfois péremptoire, infiniment renouvelé de livre en livre. J’aime cette écriture sans résidus, qui confère à son œuvre un style unique. Pas de masque ou de grimage des sentiments : tout fait sens avec lui, quel que soit l’environnement, l’espace, le contexte du livre auquel on se réfère, dans lequel il nous entraîne. Il est également quelque chose d’indéniable dans les romans de Parisis : c’est cette volonté de ne jamais effacer les corps, de les rendre invisibles, ou inexistants, celle aussi d’ennoblir les âmes en liant systématiquement la mort avec la vie.
J’aime l’esprit éclairé de cet écrivain de la Mémoire, qui domine tous les autres, qui maintient le leurre à une certaine hauteur de point de vue et de timbre, où l’on ne décèle ni égocentrisme démesuré, ni sentiment de supériorité personnel lié à des fantasmes de grandiosité, ni recherche excessive d’admiration ou de convoitise. C’est sans doute cette forme de détachement, voire de marginalité, cette quête spirituelle, cette façon d’être ailleurs, sur un autre terrain de jeux, cette recherche sèche de la pureté qui me touche le plus dans les romans de Parisis.



















